Un projet de rénovation de centre d’affaires en région PACA a récemment connu un coup d’arrêt inattendu. En cause : l’absence d’un diagnostic PEMD correctement réalisé avant le lancement du chantier. Le document, pourtant obligatoire depuis juillet 2023 pour tout bâtiment de plus de 1000 m² avant démolition ou rénovation significative, avait été partiellement rempli… mais omettait plusieurs matériaux sensibles, notamment des éléments contenant de l’amiante. Résultat : chantier suspendu, réorganisation complète du planning, et plusieurs milliers d’euros perdus en études complémentaires.
Le maître d’ouvrage avait bien prévu une mission de repérage, mais sans intégrer l’ensemble des exigences du diagnostic PEMD (Produits, Équipements, Matériaux, Déchets). Ce diagnostic vise à anticiper le tri, la valorisation et la traçabilité des déchets issus du chantier. Or, faute d’analyse complète, certains équipements n’avaient pas été signalés ni analysés pour leur potentiel de réemploi ou de traitement spécifique.
Ce contretemps a entraîné l’arrêt du chantier pendant près de trois semaines, le temps de mandater un expert pour réaliser un nouveau diagnostic conforme. Dans l’intervalle, l’entreprise de déconstruction a préféré se retirer du site, pour éviter toute responsabilité en cas de mauvaise gestion des déchets. Un point de friction s’est également installé entre les différentes parties prenantes (MOA, MOE, prestataires), chacun se renvoyant la responsabilité du défaut initial.
Ce cas illustre les difficultés rencontrées sur le terrain depuis l’entrée en vigueur du diagnostic PEMD. Mal connu, parfois confondu avec un simple chantier Démolition/Déchets, il impose pourtant une démarche rigoureuse : repérage des matériaux, estimation des volumes, potentiel de réemploi, filières de traitement… Une véritable étude technique, réglementée, qui nécessite compétences et anticipation.
Alors que la réglementation environnementale se renforce et que la traçabilité des déchets devient un enjeu national, le cas de ce centre d’affaires montre que négliger un diagnostic peut ralentir tout un projet. Et coûter bien plus cher que prévu.